Astuces de placements naturels et mobiles

Les placements naturels s’intègrent généralement à la logique de la voie et sont souvent directement exploitables. Lorsque les ancrages se font rares, il est possible d’en repérer en s’écartant temporairement de la ligne de grimpe, à droite ou à gauche, pour assurer la progression — c’est là que la technique de la corde à double entre en jeu.

Ancrages naturels (sans coinceurs)

Lunules (sablier / hourglass)
Les lunules en forme de pont vertical (trous droite-gauche) se protègent en plaçant une sangle ou une cordelette en simple ou en double en V, afin que la pression s’exerce sur la base de la lunule et non sur le pont. Évitez le nœud de tête d’alouette, qui a tendance à glisser vers la partie la plus fragile de la roche.
Pour les lunules en pont horizontal (trous haut-bas), moins solides que les verticales, appliquez le même principe en V, en étalant le matériel pour répartir la pression sur une largeur maximale. Il est parfois possible de faire passer l’œil d’un câble de coinceur du haut vers le bas.

Becs
Préférez une sangle plate à une cordelette, car elle glisse moins. Utilisez-la en V, comme pour une lunule à pont vertical, ou sous forme d’anneau autour du bec. Dans les deux cas, orientez la pointe vers le bas de manière à ce qu’elle soit la plus effilée possible, afin que la force s’exerce bien sur la base du bec et évite tout effet de levier. Le nylon, bien que moins moderne, adhère mieux à la roche que le Dyneema.

Arbres
Sur un arbre sain, bien enraciné et dans un sol stable, ce type de protection peut même servir de relais. Placez une tête d’alouette à la base de l’arbre pour éviter que la sangle ne bouge avec le mouvement de la corde. Évitez de placer la protection sur des branches ou des racines, et choisissez bien le côté par lequel passe la corde pour ne pas créer de tirage sur la suite de la voie ou risquer de tomber dans l’arbre en cas de chute.

Coinceurs

Coinceurs avec cams, actifs, « Friends »
Un bon coinceur ou un hexentric bien placé peut parfois valoir mieux qu’un friend posé à la hâte. Le fait qu’il supporte son propre poids ne signifie pas qu’il résistera à une chute ou au mouvement de la corde. Gardez la gâchette accessible aux doigts : ne calez pas le friend au fond de la fissure, au risque de le bloquer définitivement. Orientez la tige dans le sens de la traction en cas de chute, généralement vers le bas, comme une aiguille d’horloge. Très rarement perpendiculairement à la fissure. Allongez la sangle pour éviter que le mouvement de la corde ne fasse « vagabonder » le friend. Évitez de les placer passivement et privilégiez une taille supérieure.

Pour les voies nécessitant de nombreux relais ou protections, doubler les tailles moyennes avec des Totem, deux ou trois friends offset (à lobes de tailles différentes) ou des hexentrics offre plus de possibilités qu’un deuxième jeu de la même marque. Si la fissure le permet, vous pouvez aussi placer deux coinceurs ou friends et les relier comme un relais, ce qui crée une protection ultra-solide.
Le site Camparator permet de comparer les tailles des friends.

Coinceurs sans cams, passivs, « Câblés » ou « Stoppers » ou « Nuts »
Les coinceurs classiques, économiques, constituent une excellente base pour apprendre le trad et affiner son œil avant d’investir dans du matériel plus coûteux. Les modèles offset, grâce à leur forme asymétrique, sont particulièrement efficaces. Ceux en aluminium légèrement souple mordent mieux que les versions très rigides.

Dégaines alpines pour extensions
Extensibles, elles limitent les mouvements parasites et empêchent que la protection ne soit éjectée par la corde. De plus, elles se démontent facilement pour être utilisées sur des becs, lunules ou arbres. Pour cette raison, je leur préfère les modèles classiques aux anneaux cousus plutôt que les versions modernes à brin unique.

Ressources utiles


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